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Août 08

Ugg

Premiers constats, les peaux traitées naturellement n’ont aucune odeur, ne produisent pas d’allergie, ont une forte élasticité et, bien sûr, sont résistantes à… l’eau!Côté esthétique, le cuir marin avait déjà fait ses preuves en matière de séduction, rappelle Marielle Philip. Le gainier-maroquinier du roi Louis XV, Jean-Claude Galluchat (mort en 1774) sut le premier travailler la peau de la raie,Ugg  donnant ainsi son nom – galuchat, un « l » ayant disparu au passage – à ce cuir perlé particulier. Il en recouvrait des objets rares dont raffolait Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, maîtresse du roi.

Soucieuse de privilégier les « circuits courts », la jeune femme ne traite pas de raies, seulement des peaux de poissons pêchés localement: bars mouchetés, truites d’Aquitaine, soles, esturgeons… Au total, une dizaine d’espèces qui produisent « des grains de peau tout à fait uniques ».La production en est encore à ses prémices: 200 peaux ont été vendues depuis le mois de janvier, Ugg contre 10.000 peaux produites par semaine dans les ateliers de confection en Islande, au Brésil ou en Thaïlande, les principaux pays exportateurs.

Avec ses cuirs originaux, Ugg Marielle Philip souhaite à terme toucher les secteurs de la maroquinerie, de la chaussure, de l’ameublement. « Il faut susciter la demande, il y a tout un marché à créer », dit-elle, évoquant par exemple l’aménagement intérieur de bateaux de luxe ou les gants de golfeurs. »C’est une nouveauté, cela peut intéresser les designers », confirme Camille Lambrecq, 31 ans, créateur à Bordeaux de la ligne de chaussures Someone Shoes, qui a réalisé un prototype de tennis en peau de truite. « Il y a un côté un peu vintage, on sent que la matière a vécu », s’enthousiasme-t-il, tout en reconnaissant que le positionnement ne peut être que « très haut de gamme, presque luxe » en raison du prix des peaux, autour d’une vingtaine d’euros.